Sa fiche d'identité

Sa fiche d'identité
Amélie Mauresmo est née le 05 juillet 1979 à Saint-Germain sur Laye et réside aujourd'hui à Genève. Elle mesure 1m75 pour 64 Kg. Elle est droitière et a fait ses débuts professionnels en 1996. Son entraîneur actuel est Loïc Courteau. Elle occupe actuellement le 1er rang mondial et devance la belge Kim Clijsters.

# Posté le samedi 17 juillet 2004 18:28

Modifié le mardi 22 mai 2007 14:01

Naissance d'une vocation

Naissance d'une vocation
Tout à commencé pendant Roland Garros 1983 !

" C'est une anecdote que les journaux aiment bien parce qu'elle est symbolique. Mais elle est vraie. "

"J'ai effectivement eu envie de commencer le tennis en regardant la finale de Roland Garros 1983 entre Yannick Noah et le suédois Mats Wilander. A l'époque, j'avais à peine 4 ans. Mes parents suivaient le match à la télévision, dans le salon. J'étais avec eux, et le spectacle que j'ai découvert m'a tout de suite emballé. A chaque changement de côté, je me précipitais dans le jardin. Je mimais les gestes que je venais de voir des coups droits, des services, des revers... Je jouais dans le vide et ça m'éclatait littéralement."


"Voilà pourquoi, mes parents ont décidé de m'acheter une raquette. C'était une Snauwaert, je m'en souviens encore très bien. Et c'est ainsi que j'ai commencé à jouer au tennis, en compagnie de mon frère ou contre le mur. A l'âge de 6 ans, comme j'étais toujours très passionnée, mes parents ont voulu m'inscrire à l'école de tennis de Bornel. Le problème, c'est qu'à cette époque le mini-tennis n'était pas très développé : on n'acceptait les inscriptions qu'à partir des poussins, c'est à dire 8 ans."


"Mais mes parents ont insisté auprès de l'éducatrice qui se trouvait là. J'ai donc pu faire un essai, et j'ai été acceptée ! Pendant deux ans, j'ai donc joué comme ça, avec des filles plus grandes que moi et dans une salle omnisports où le revêtement était en parquet. C'est peut être de là, d'ailleurs, que me vient cette lacune en jeu de jambes que mes entraîneurs ultérieurs n'ont eu de cesse de stigmatiser. En tous les cas, j'étais loin de me douter que 5 ans après mes débuts devant la télévision, la Fédération Française de Tennis allait me détecter pour être entraînée avec l'élite de ma génération."

"Pour moi, les éducateurs sont un maillon indispensable de la chaîne du tennis. Certes, ils n'ont pas les compétences techniques ou tactiques des plus grands entraîneurs, mais au fond ce n'est pas important. Leur rôle n'est pas là ! Pour moi, ils sont ceux qui doivent transmettre le plaisir : plaisir du jeu, plaisir de se dépenser sur un court, plaisir de taper dans la balle. En deçà des repères techniques et tactiques, ils permettent aux jeunes qui débutent de développer leur motivation, leur envie. Pour les clubs, c'est un rôle de toute première importance."


"J'en ai rencontré dans mon parcours de ces éducateurs et éducatrices pour qui le tennis doit rester un jeu. La première personne qui m'a enseigné le tennis, au TC Bornel, s'appelait Inger Delamare. Quatorze ans après, je me souviens encore de son nom. C'est elle qui m’a vu jouer la toute première fois, elle qui a su lire instantanément toutes les potentialités que je dégageais. C'est une qualité incomparable. Et puis il y a eu Philippe Leroy, que j'ai rencontré à Bornel avant de le retrouver au TC Méru. Philippe était l'éducateur dans toute sa splendeur : il avait un sens du jeu très développé, un oeil acéré et surtout une volonté de s'amuser sur le court. Entre nous, le fluide passait bien car ses cours étaient très ludiques. Et puis, humainement, il était adorable."

# Posté le samedi 17 juillet 2004 18:43

Modifié le mardi 22 mai 2007 10:53

Son apprentissage

Son apprentissage
"Les années Sports-Etudes : 7 ans de ma vie !"

"Immédiatement, j'ai intégré un groupe de filles entraînées par Patrick Simon. Mes progrès ont été si réguliers que moins de 3 ans plus tard, je recevais une proposition de la Fédération Française de Tennis, pour intégrer le tennis/études de Blois. J'avais 11 ans. A la maison, la décision n'a pas été aussi facile à prendre que cela : mes parents craignaient que la rupture avec le milieu familial soit trop brutale. Ensemble, nous avons discuté du pour et du contre."


" C'est à l'âge de 8 ans que j'ai été détectée par la Ligue de Picardie en 1991, alors que j'étais encore en benjamine."


"Moi, j'étais sûre de mon choix : depuis toujours, lorsqu'on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais : "jouer au tennis." Alors nous avons pris le risque, et je me suis lancée dans le grand bain. Je bénéficiais d'une scolarité aménagée, et je ne m'en sortais pas trop mal. Côté tennis, c'est à ce moment-là que j'ai pris conscience qu'il fallait réellement s'investir pour progresser, aussi bien physiquement que techniquement. A cette époque, ma vocation s'est affirmée : cette envie de devenir une joueuse de tennis professionnelle, elle était là, à l'intérieur de moi."


"En classe de quatrième, j'ai intégré l'INSEP de Vincennes, à l'âge de 14 ans. Ma scolarité a changé : désormais, je prenais des cours par le CNED, aidée par des professeurs détachés qui pour moi étaient des repères très forts. Je me souviens plus particulièrement de ma prof de français et d'histoire/géo, Mme Mathat. A cette époque, elle représentait un peu mes parents. C'est également à Vincennes que j'ai fait la connaissance de Gail Lovera, qui avait ce côté " éducatrice " que j'aime tant. Peut être parce qu'elle est d'origine australienne, Gail nous faisait faire des exercices à la volée où on s'éclatait. Je me souviens très bien que c'est elle qui m'a appris à faire le revers à une main lifté. Jusqu'alors, les différents entraîneurs que j'avais eu voulaient que je joue à deux mains, peut être parce que c'était la mode. Du coup, je n'exécutais que des revers chopés à une main ! Un jour, j'en ai eu assez, et Gail m'a enseigné la technique du lift à une main : une véritable révolution pour mon jeu."

"Roland Garros : un autre monde" :
"En minimes, je commence à prendre mes marques sur le court en compétitions."

"C'est en 94, pour mes 15 ans, que j'ai intégré le Centre National d'Entraînement de Roland Garros. Un nouveau palier. Une chambre individuelle (un univers à soi, enfin !), des courts à quelques mètres, une cantine intégrée, le bois de Boulogne pour faire des footings et un entraîneur dédié à 4 joueuses : tout était vraiment fait pour que nous réussissions. Au CNE, j'ai retrouvé Patrick Simon, qui m'avait détectée 8 ans plus tôt, et j'ai franchi un nouveau cap mental en découvrant l'univers des tournois internationaux. Lorsque je repense à ces années de formation, je me dis qu'elles ont été tout à la fois très longues (7 années) et très variées parce que situées à une période de l'existence - l'adolescence - où les choses ne vont pas de soi. Avec le recul, je perçois encore plus nettement les multiples sacrifices que j'ai dû consentir pour arriver au plus haut niveau. Mais en dépit des difficultés, je tiens à signaler une chose : même dans les périodes de doute les plus terribles, ma passion du tennis a toujours été la plus forte."

" Enfant dans un monde d'adultes" :
"Une de mes premières victoires en tournoi, en championnat de France cadets en 1994... "

"Mes années de formation, entre 11 et 18 ans, ont été par certains côtés assez difficiles. Au tennis - études de Blois, j'ai vraiment découvert la solitude. D'un côté, mes camarades de classe me jalousaient parce que je bénéficiais d'horaires aménagés. De l'autre, avec mes partenaires d'entraînements, on se " tirait la bourre " pour être les meilleures sur le court. Difficile, dans de telles conditions, de se faire des amis. Et je ne parle pas de l'isolement que l'on ressent, coupé de sa famille dès 11 ans. Pas facile de vivre pleinement son adolescence lorsque l'on est immergé dans un monde d'adultes. Et combien de difficultés à surmonter ? Dans les dortoirs par exemple, où aucune intimité n'est possible. Comme ce décalage immense entre les sacrifices demandés et nos envies de vivre, de sortir pour simplement boire un coup ou aller au cinéma."


"Ça peut paraître idiot, mais le simple fait d'avoir bénéficié d'une chambre individuelle au CNE de Roland Garros a été un immense bonheur pour moi. En revanche, les plateaux-repas étaient souvent froids le soir, et le personnel masculin peu enclin à nous écouter. Je trouve d'ailleurs qu'il n'y a pas assez de femmes à la Fédération Française de Tennis. C'est dommage car cela pourrait éviter certains dérapages dont j'ai personnellement été victime et permettre à de jeunes adolescentes de bénéficier d'une réelle écoute. Je me demande où est la parité dont on parle tant actuellement ?"

# Posté le samedi 17 juillet 2004 18:54

Modifié le mardi 22 mai 2007 14:01

Ses premiers titres

Ses premiers titres
Championne du monde junior !

"C'est au moment où j'ai intégré le CNE de Roland Garros que j'ai commencé à disputer des compétitions internationales."


"En compagnie du groupe de joueuses dont Patrick Simon avait la responsabilité, nous avons commencé à participer à nos premiers tournois professionnels dotés de 10 000 dollars de prix. Ces années ont été importantes pour moi, car elles m'ont permis de découvrir la vie de nomade qu'est celle de joueuse de tennis. Mais je m'y suis faite assez rapidement. Après quelques premiers résultats encourageants, en 1995, la Fédération Française de Tennis m'a accordée une " wild card ", une invitation pour les qualifications de Roland Garros. Et là, j'ai fait un petit carton : alors que je pointais aux alentours de la 750e place mondiale, j'ai successivement battu 3 filles classées dans les 120 WTA."

"Mon premier Roland Garros : "

"Cette année là, je me suis donc retrouvée au premier tour du " French Open. " Je me souviendrais toujours, c'était sur le court n°9, face à l'Italienne Natalia Baudone. Un exploit à l'époque ! Je me suis présentée sur le court sans aucun complexe, n'ayant rien à perdre et donnant tout ce que j'avais. J'ai finalement perdu le match après avoir mené 6/3 puis 3/1. Un grand classique ! Cela dit, le potentiel était là, c'était le principal. J'étais tellement heureuse."

"Découverte de l'Australie"

"L'Australie, la terre de mes premiers exploits."
"L'année suivante, en 1996, j'ai poursuivi sur ma lancée. Je me rappelle notamment cette tournée de deux mois et demi que nous avons fait avec le groupe en Australie pendant les fêtes de fin d'année : une expérience unique, très longue et très formatrice. C'était la première fois que j'allais sur le continent australien : 24 heures d'avion et un décalage horaire terrible pour l'organisme ! J'en suis revenue en ayant joué un quart de finale à l'Open d'Australie juniors, alors que j'étais à peine âgée de 16 ans. J'étais sur la bonne voie, comme allait me le confirmer l'année suivante."

N°1 Junior

"En 1996, j'allais terminer la saison n°1 mondiale chez les juniors. Cette année là, j'avais gagné Roland Garros et Wimbledon, (en simple et en double !) A l'US Open et en Australie, j'avais fait deux quarts de finale. Mais contrairement à ce que ce palmarès laisse entendre, ma victoire a été acquise de justesse face à la Croate Miriana Lucik, à l'issue de la finale d'Osaka, au Japon. J'étais heureuse car j'avais atteint l'objectif prioritaire de mon année : finir n°1. Et cela, douze ans après Pascale Paradis. Aujourd'hui, je me rends compte qu'à cette époque, j'arrivais à faire la différence au niveau du physique, du temps de réaction et de la frappe de balle. Et puis surtout, et c'était ça la vraie découverte, j'arrivais à me transcender lors des gros événements, galvanisée par la pression. Mais il me fallait franchir le pas chez les seniors. Ce qui allait être une autre histoire. Parce que là, les filles étaient autrement puissantes."

"Voler de mes propres ailes "

"J'ai pris la décision de quitter le giron fédéral en 1997, au moment de mon passage chez les seniors. Comme pour beaucoup de joueuses, j'avais eu un peu de mal à m'adapter. Tout à coup, mes coups ne faisaient plus aussi mal qu'avant. Confusément, je sentais que j'avais atteint les limites de mon système de jeu. Je voulais aller de l'avant, monter au filet et terminer les points plus rapidement. Le diagnostic était simple ! J'en ai donc parlé à la Fédération Française de Tennis, et plus particulièrement au Directeur Technique National Jean-Claude Massias : je souhaitais m'entraîner différemment. Les discussions que nous avons eues ont été nombreuses et échelonnées sur deux mois. Malheureusement, à la fin de cette période, rien n'avait véritablement évolué."

"Alors j'ai décidé de prendre ma liberté. J'ai pris cette décision toute seule, trois semaines avant Roland Garros 1997. Dans un premier temps, Philippe Duxin m'a aidé à préparer Roland. Ensuite, j'ai enchaîné sur les tournois sur gazon et Wimbledon... C'était une période de doute : je ne savais pas très bien où j'allais. C'est à ce moment là que j'ai reçu un coup de fil de mon agent : il me demandait de faire un bout d'essai avec Warwick Bashford. C'est en engageant ce coach privé que j'ai pris mon destin en main de manière définitive. Dans ma catégorie d'âge, j'étais la seule à oser franchir ce cap : il a fallu assumer ! Quelques mois après, les résultats étaient au rendez-vous : la transformation s'était opérée. Pour tout dire, elle n'était pas seulement tennistique, mais surtout mentale. C'est parce qu'à un moment donné j'ai su me mettre en danger que j'ai pu avancer."

# Posté le samedi 17 juillet 2004 19:03

Modifié le mardi 22 mai 2007 14:33

Dans la cour des grands

Dans la cour des grands
1997/1999 : Premiers résultats chez les pros :
"Comme pour la majorité des joueuses, la transition entre l'univers des compétitions jeunes et le monde professionnel seniors a été un cap difficile à passer !"

"Tout à coup, je me retrouvais devant des adversaires qui n'étaient plus perturbées par ma présence physique ou le rythme que j'essayais d'imprimer dans l'échange. Je manquais de repères, et donc de confiance en moi. Mais je m'entraînais toujours aussi dur. Finalement, le travail a fini par payer. Après une année de transition, en 1997, j'ai enchaîné sur une saison prometteuse. Lors du tournoi de Berlin 1998, j'ai atteint la finale après être sortie des qualifications. En chemin, j'ai battu la Belge Dominique Van Roost, la Tchèque Jana Novotna (n°3 WTA) et Lindsay Davenport, la n°2 mondiale. A l'issue du tournoi, j'étais passée de la 65e à la 34e place WTA, et Yannick Noah m'a appelée pour disputer la demi-finale de la Fed Cup, à Sion, face aux Suisses emmenées par Martina Hingis."

"A l'issue d'une semaine d'entraînement intensive où j'ai notamment battu une Nathalie Tauziat hors de forme 6/0 6/2 (elle venait pourtant d'atteindre la finale de Wimbledon), Yannick a décidé de me faire confiance en m'alignant face à Patty Schnyder et surtout Martina Hingis. Là, je me suis présentée complétement décomplexée et surtout survoltée par l'événement. Pourtant, j'ai perdu mes deux matches de justesse, en 3 sets et derrière, personne n'a gagné. Nous sommes repartis avec un score de 5 matches à 0 contre nous ! Perdu pour perdu, on a fait une fête à tout casser le soir même. Les Suisses n'en revenaient pas ! " Qu'est-ce que vous auriez fait si vous aviez remporté la rencontre ?"

"J'étais quand même contente parce que mon jeu commençait à se mettre en place. Fidèle à la promesse que je m'étais faite de me donner les moyens de mes ambitions, j'ai donc décidé de poursuivre mes efforts. A l'automne 1998, j'ai changé de coach en m'arrogeant les services du Team Demongeot. L'esprit de cette structure privée me convenait bien : pas d'appropriation du joueur par l'entraîneur, et surtout des compétences variées mises à ma disposition. Au milieu du mois de décembre, j'ai commencé à m'entraîner avec Christophe Fournerie. C'est également à cette époque que j'ai fait la connaissance de Sylvie. Bien qu'elle se situe dans la sphère privée, cette rencontre a eu des influences énormes sur mon jeu dans la mesure où elle m'a permis d'accéder à une sorte de plénitude. Ce bien-être s'est instantanément ressenti sur le court."

# Posté le samedi 17 juillet 2004 19:12

Modifié le mardi 22 mai 2007 13:57